Tunisie - Les chiffres hallucinants des effets du tabagisme (26/05/2008)

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Le site www.tabacologue-afrique est destiné aux professionnels de santé africains. Article mis en ligne le 18 août 2011.


- Les effets du tabagisme : des chiffres hallucinants !

En prélude à la Journée mondiale de lutte contre le tabagisme, qui aura lieu cette année le 1er juin, Novartis, en partenariat avec la Société tunisienne des maladies respiratoires (STMR), a organisé le samedi 24 mai une rencontre avec les journalistes de la presse locale dans un hôtel de la capitale.
Les chiffres annoncés par le professeur Hichem Aouina, le secrétaire général de la STMR, donnent du tournis. Du coup, certains parmi les journalistes fumeurs présents à cette rencontre ont purement et simplement décidé d’arrêter de fumer. Et pour cause !
En effet, selon un document qui nous a été distribué à cette occasion, on apprend que « le tabagisme est la cause directe de décès de cinq millions de personnes par an dans le monde. Une personne meurt toutes les 8 secondes à cause du tabac. A l’horizon 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dresse un tableau encore plus sombre avec une mortalité multipliée par deux, si des efforts supplémentaires ne sont pas effectués pour renforcer la lutte anti-tabac et les législations en faveur des non-fumeurs ». Des chiffres à donner du froid dans le dos.
Bien évidemment notre pays n’est pas à l’abri de cette pandémie, et ce d’autant plus que « chaque année, le tabac tue en Tunisie environ 6 000 hommes et mille femmes ».
Explication : le document souligne que « les résultats d’une étude réalisée en 2005 par l’Institut National de la Santé Publique révèlent qu’un taux important de décès des personnes âgées entre 35 et 69 ans est dû au tabagisme. Cependant, les Tunisiens continuent d’apprécier les cigarettes, et les familles réservent 3,1% de leur budget à la consommation du tabac. Ces dépenses se classent avant celles de l’éducation, de l’hygiène, de la culture et des loisirs ». C’est dire combien la situation est grave et mérite une attention particulière, aussi bien des parents que des pouvoirs publics.
Cependant, le Pr Aouina ne considère pas la situation comme une fatalité. Pour étayer ses propos, il a indiqué qu’en France, par exemple, on enregistre aujourd’hui moins de cancer du poumon dû au tabagisme, suite à une vaste campagne d’information. De ce fait, il estime qu’on peut faire mieux sinon autant. Il rappelle d’ailleurs que la Tunisie a été l’un des premiers pays à mettre en place une loi anti-tabac dans les lieux publics (il y plus de dix ans), tout en regrettant qu’elle n’ait pas été appliquée comme il faut, notamment dans les cafés, restaurants et autres lieux publics…
En outre, le PR Aouina pense que le prix de la cigarette en Tunisie n’est pas suffisamment élevé pour pouvoir dissuadé les fumeurs d’arrêter et aux non fumeurs de ne pas commencer. Toujours selon lui, les hamas et autres revendeurs de tabacs devant les écoles ou quartiers constituent des causes de l’augmentation du nombre des fumeurs, surtout jeunes, dans notre pays.
Par ailleurs, le médecin insiste sur le fait que le fumeur est dépendant à la fois de la nicotine et du geste psycho-comportemental, ce qui veut dire que pour le « guérir », il est nécessaire de mettre en place une thérapie psycho-comportementale.
Malheureusement, les chiffres ci-dessous montrent que notre société est presque malade du tabac. Le document qui nous a été distribué évoque des taux des fumeurs on ne peut plus alarmants : « la Tunisie a pris d’importantes mesures et décisions visant à réduire le fléau du tabagisme, et à consacrer un comportement conscient et responsable, notamment chez les jeunes de la catégorie d’âge 20 à 30 ans, la plus exposée ». Toujours selon les résultats des études réalisées à l’échelle nationale, il apparaît que la moyenne des fumeurs, chez les jeunes de 20 ans et plus, est de 35,5 %. C’est énorme.
Mais encore : l’enquête nationale sur la santé des adolescents et des jeunes scolarisés fait ressortir, pour sa part, que 55,8 % des garçons et 17,7 % des filles, âgés entre 12 et 20 ans, ont goûté au moins une fois au tabac. La prévalence du tabagisme reste élevée chez les adultes surtout de sexe masculin avoisinant les 45 %. Le tabagisme chez la femme s’est majoré ces dernières années se rapprochant de plus en plus de 10 % dans certaines catégories socioprofessionnelles. Sans commentaire !
L’existence de ce fléau a poussé les pouvoirs publics à créer une commission nationale chargée de mettre en place un plan d’action national pour la lutte antitabac, avec pour objectif « de réduire de 25 % le nombre des fumeurs, au cours des dix prochaines années, d’abaisser le taux de morbidité et de mortalité en relation avec le tabagisme, de faire évoluer la législation et de mettre en place des mécanismes plus efficaces pour la mise en œuvre de cette législation ».
Cependant, ledit document affirme que « la connaissance du Tunisien de la nocivité du tabac est satisfaisante », suite, semble-t-il, aux efforts de sensibilisation entrepris depuis quelques années qui commencent à donner leurs fruits. Puisque « la majorité des fumeurs adultes évitent aujourd’hui d’exposer les membres de leurs familles à la fumée de leurs cigarettes, surtout les enfants ». Un grand nombre d’enfants n’hésitent pas à interpeler leur parent fumeur sur les méfaits du tabac. N’est-ce pas là des preuves tangibles pour rappeler l’efficacité des efforts de sensibilisation ciblant surtout nos jeunes ? s’interroge le document.
C’est dans ce cadre que la Tunisie célèbre comme tous les ans la Journée mondiale de lutte contre le tabagisme, placée cette année par l’OMS sous le slogan « jeunesse sans tabac ». Et à cette occasion, plusieurs manifestations sont prévues en marge de cette journée, dont celle organisée par les laboratoires pharmaceutiques Novartis Pharma en collaboration avec la Société tunisienne des maladies respiratoires.
Il s’agit d’une journée « porte ouverte » sur l’espace commercial Carrefour de Tunis, destinée à la sensibilisation aux méfaits du tabac auprès du grand public et surtout à l’aide à l’arrêt chez les fumeurs, basée sur la mesure gratuite du souffle, et du monoxyde carbone (CO) et sur l’évaluation du degré de dépendance de chaque fumeur. A préciser que nous avons déjà testé cette mesure. Le résultat est sans appel : les fumeurs courent des réels dangers. Alors, faisons attention à notre santé, en évitant la fumée de cigarette mais d’autres également…
Voici pourquoi : Le monoxyde de carbone, ou CO, est un gaz polluant lié à la combustion. Il est extrêmement toxique, mais incolore et inodore. On le surnomme "le tueur invisible". Il est produit par les systèmes d’échappement des véhicules, les chauffe-eau et les poêles à charbon et est également présent dans la fumée de cigarette, de cigare et de pipe et en très grande quantité dans la chicha. Parmi les centaines de composants toxiques de la fumée de tabac, le monoxyde de carbone est particulièrement nocif, tant pour les fumeurs que pour les non-fumeurs. Le taux de CO présent dans l’organisme des fumeurs est plus élevé que le seuil d’alerte à la pollution au CO dans les villes. Chez les non-fumeurs, le taux de CO expiré augmente en fonction de la durée d’exposition au tabagisme passif.
Le monoxyde de carbone passe des poumons dans le sang et se lie à l’hémoglobine des globules rouges. Il s’attache à ces derniers avec une force 200 fois supérieure à celle de l’oxygène. Dès lors, il les paralyse et les empêche de se lier à l’oxygène, qui est essentiel pour la vie des organes, du cœur, du cerveau et des muscles en particulier. L’efficacité cardiaque chute, le risque de formation de caillots de sang augmente et, chez les femmes enceintes, le développement du fœtus est réellement menacé.
La mesure de son taux de CO permet à chacun :
- de connaître les effets du tabagisme sur l’organisme ;
- de connaître son profil de fumeur ;
- de prendre conscience des dangers du tabagisme passif ;
- d’envisager et de commencer une démarche personnelle de cessation, grâce à des conseils personnalisés ;
- de constater une baisse rapide de son taux de CO suite à l’arrêt du tabac.
Un grand nombre de médecins pneumologues seront présents pour réaliser tous ces tests et surtout pour donner aux fumeurs des conseils pratiques pour l’aide au sevrage tabagique et les orienter en cas de besoin aux consultations spécialisées pour l’aide au sevrage.
Pour finir, le Pr Hichem Aouina, tout en reconnaissant que pour les fumeurs la tâche est loin d’être aisée, il conseille tout de même de retenir et d’appliquer dans notre quotidien trois chiffres : 0, 5 et 30, pour 0 cigarette, 5 fruits et légumes par jour et 30 minutes de marche quotidienne. Bien entendu, il ne s’agit pas d’une recette magique ou miraculeuse, mais l’impact est immense pour notre organisme. Alors pourquoi pas essayer cette formule, essayons, on a tout à gagner.

Tallel BAHOURY www.webmanagercenter.com 26/05/2008
http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=42900


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