Maroc - Tabagisme scolaire : chiquer, ce n’est pas chic (28/6/2009)

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Le site www.tabacologue-afrique est destiné aux professionnels de santé africains. Article mis en ligne le 15 août 2011.


- Tabagisme en milieu scolaire : le tabac à chiquer, ce n’est pas chic

On parle souvent des dangers de la cigarette mais très peu des dangers des autres formes de tabac et notamment du tabac à chiquer (le tabac que l’on place sous forme de petites boulettes entre la lèvre et la gencive). L’usage du tabac sans fumée constitue un risque sous-estimé pour la santé publique puisqu’à ce jour aucune étude ne s’est intéressée à ce problème. En réalité, le tabac sans fumée est une addiction tout aussi mortelle que la cigarette.
Soulever le problème du tabac à chiquer au sein de nos établissements scolaires, en particulier les collèges et lycées où un grand nombre d’élèves s’adonnent à cette pratique qui n’est pas dénuée de dangers contrairement à ce que l’on cherche à faire croire à ces jeunes enfants, nous invite à passer en revue les résultats d’une étude nationale sur le tabagisme chez les jeunes en milieu scolaire.

Des chiffres très inquiétants
Quant à l’enquête nationale sur le tabagisme chez les jeunes de 13 à 15 ans, initiée par l’OMS, l’Unicef et ACD Atlanta en 2006, elle a montré que 14,5 % des élèves ont déjà essayé de fumer des cigarettes, 6,4 % sont des fumeurs de cigarettes, 12 % ont utilisé d’autres formes du tabac autre que la cigarette, 15,5 % utilisent le tabac sous plusieurs formes (cigarettes, chicha, snif), 24,3 % des élèves ont commencé à fumer avant l’âge de 10 ans et 12,5 % des élèves non-fumeurs sont susceptibles de devenir fumeurs, surtout les garçons.
Selon le même document, près de 75 % des fumeurs désirent arrêter de fumer, 6 élèves sur 10 ont déjà essayé d’arrêter et les fumeurs sont plus conscients qu’il est difficile d’arrêter de fumer par rapport aux non-fumeurs.
Concernant les médias et la publicité, 7 élèves sur 10 (68 %) déclarent avoir vu des messages antitabac dans les médias, 5 élèves sur 10 ont vu la publicité sur des banderoles (51,5 %) ou dans des journaux et des magazines (53,7 %).
Dans le même sillage, un élève sur 10 (12,3 %) possède un objet comportant la publicité pour le tabac et deux élèves sur 10 (18,7 %) ont reçu auparavant des cigarettes gratuitement.
Sur le rôle de l’école dans la sensibilisation des jeunes sur les méfaits du tabagisme, l’enquête relève que 34,5 % des élèves ont reçu en classe des conseils à ce sujet, 27,1 % ont déjà discuté en classe les raisons pour lesquelles les jeunes de leur âge commencent à fumer et 26,5 % ont suivi des séances en classe sur les dégâts que provoque le tabac.
Les risques du tabac à chiquer L’expression tabac à chiquer est employée pour désigner les produits du tabac consommés oralement, ce qui ne veut nullement signifier que cette forme de consommation soit dénuée de risques pour la santé des individus
Le tabac à chiquer est habituellement vendu en feuilles (dans un sachet) ou en chique (sous forme de brique) et, dans les deux cas, se place entre la joue et la gencive. Les consommateurs peuvent mâcher le tabac pendant plusieurs heures afin d’obtenir de façon continue l’effet stimulant de la nicotine.
Tout comme la cigarette, le tabac à chiquer contient de nombreux produits chimiques pouvant être nocifs et près de quatre fois la teneur en nicotine d’une cigarette. La nicotine du tabac à chiquer peut causer une augmentation importante du rythme cardiaque et de la pression artérielle dans les cinq minutes suivant son utilisation. Cette forme de tabac contient au bas mot 28 agents cancérogènes. Le tabac à chiquer peut causer une inflammation précancéreuse des gencives se manifestant sous la forme de dures plaques blanchâtres qui se forment habituellement à l’endroit où le consommateur place le tabac dans la bouche ; le risque de contracter ce type de cancer est de deux à onze fois plus élevé chez les consommateurs de tabac à chiquer que pour ceux qui n’en consomment pas. Le risque augmente selon le nombre d’années de consommation. Seulement la moitié des patients sont encore en vie cinq ans après avoir reçu un diagnostic de cancer buccal.
La consommation de tabac à chiquer est aussi désagréable dans les relations interpersonnelles. La mauvaise haleine, des morceaux de tabac collés sur les dents et le fait de constamment cracher peuvent être néfastes à la vie sociale. Dans tous les cas, le tabac à chiquer, ce n’est pas chic du tout.

Ouardirhi Abdelaziz Al Bayane 28/6/2009
http://www.albayane.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=153201&date_ar=2009-6-29%2018:30:00


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