Maroc - Trois quarts des fumeurs veulent arrêter (13/04/2009)

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Le site www.tabacologue-afrique est destiné aux professionnels de santé africains. Article mis en ligne le 15 août 2011.


- Trois quarts des fumeurs veulent arrêter

Soixante-seize pour cent des fumeurs marocains veulent arrêter de fumer et 97 % pensent que le sevrage dépend en premier lieu de la volonté de la personne. Les chiffres sont encourageants, ils viennent d’être annoncés lors d’un atelier sur l’arrêt de tabac tenu à Tunis, et au cours duquel ont été annoncés les résultats de l’étude SUPPORT (Fumer-comprendre les perceptions, les avis et les réactions des individus par rapport au tabac).
En effet, SUPPORT est l’une des études les plus vastes jamais réalisées en Afrique et au Moyen-Orient en matière de recherches sur les attitudes et les comportements des fumeurs par rapport au tabac et à l’arrêt de la cigarette.
1 422 fumeurs ont fait l’objet d’une étude dans sept pays : le Maroc, l’Algérie, l’Égypte, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud, la Tunisie et les Émirats arabes unis.
Cette enquête représente une première démarche dans la compréhension des perceptions qu’ont les populations concernées à travers l’Afrique et le Moyen-Orient sur leur propre dépendance à la nicotine. Elle est également importante pour les gouvernements. Elle va leur permettre de mieux comprendre l’engagement des populations afin de développer des politiques et des décisions appropriées pour mieux contrôler l’épidémie du tabac.
En effet, d’après les résultats de cette récente étude conduite par la société mondiale de recherches et d’informations sur la santé « IMS Health », la majorité des fumeurs de certains pays d’Afrique ou du Moyen-Orient veulent arrêter de fumer mais beaucoup ne sont pas certains du meilleur moyen pour y arriver. Se fixant comme objectif la compréhension des attitudes des fumeurs envers leur tabagisme et l’arrêt du tabac, les enquêteurs ont trouvé que 61 % des fumeurs dans la région (Afrique du Nord et Moyen-Orient) voudraient arrêter mais que l’envie pressante de fumer et ses différents symptômes liés à l’abstinence représentent la raison essentielle de leur échec.
Aussi, d’après SUPPORT, la plupart des fumeurs pensent qu’arrêter de fumer dépend fondamentalement de leur unique volonté. Cependant, cette méthode ne réussit que dans environ 5 % des tentatives de sevrage. La majorité des fumeurs, soit 74 %, pensent également que le tabac est une dépendance et 68 % pensent qu’un professionnel dans le domaine de la santé, tel que le médecin traitant, a un rôle à jouer pour les aider à arrêter le tabac. Malgré cela, très peu de fumeurs, en fait 30 % uniquement, ont eu avec leurs médecins une discussion sérieuse sur le tabac et les traitements disponibles pour arrêter de fumer.
« En tant que médecin, lorsque je sais que mon patient fume, la décision la plus importante qu’il peut prendre en matière de santé, c’est d’arrêter de fumer », explique le professeur Hicham Aouina, pneumologue à l’hôpital Charles Nicolle. Et poursuivant « Cette étude a montré qu’il existe une certaine confusion parmi les fumeurs sur leur capacité de s’arrêter de fumer par eux-mêmes. Il est très difficile d’arrêter de fumer mais il s’agit d’une décision qui a un rapport avec la santé et qui devrait impliquer le soutien d’un médecin ».
Dans le même sens, 75 % des fumeurs qui ont fait l’objet de l’étude ont déclaré être concernés par les dangers du tabac sur leur santé. Ils ont affirmé avec la certitude que le tabac nuit à presque tous les organes du corps humain et qu’il est à l’origine d’une grande variété de maladies dont beaucoup sont mortelles, tels les maladies cardiovasculaires, de nombreux cancers, les maladies respiratoires chroniques et les accidents vasculaires cérébraux. Interrogés à ce sujet, 89% des fumeurs de la région ont répondu que l’arrêt de la cigarette était le meilleur moyen d’améliorer leur état de santé.
Fumer est, donc, une maladie chronique souvent ’’récidivante’’, impliquant typiquement une dépendance physique et psychologique à la nicotine. C’est la raison pour laquelle de nombreux fumeurs, malgré leurs bonnes intentions d’arrêter de fumer, n’arrivent pas à le faire et à vaincre les symptômes d’abstinence pouvant être associés au sevrage. Il leur est difficile d’arrêter de fumer, par eux-mêmes, sans aide ou soutien pour vaincre leur dépendance. Pour y arriver, ceux qui veulent arrêter de fumer doivent chercher de l’aide auprès de professionnels de santé (médecins de famille).
Il est à noter que 54 % des fumeurs ayant participé à l’étude ont déjà essayé d’arrêter de fumer sans succès avec une moyenne de 3 à 4 tentatives. De nombreux traitements sont aujourd’hui disponibles. Ils ont été développés pour aider les fumeurs à réussir leur tentative de sevrage.

Faire face au sevrage
Arrêter de fumer exige beaucoup de travail et demande beaucoup d’efforts. Demander des conseils, de l’aide et prendre des médicaments peuvent aider les fumeurs à arrêter de fumer pour de bon. D’après l’OMS, les études ont montré que même des conseils très brefs de la part de professionnels de la santé peuvent augmenter le taux d’abstinence en matière de tabac jusqu’à 30 %.
En effet, lorsque les fumeurs arrêtent de fumer, ils sont exposés à l’envie pressante de refumer, ce qui contribue à l’éventualité d’une rechute. Les effets secondaires du sevrage comprennent les troubles du sommeil, l’irritabilité et/ou l’agression, la dépression, l’agitation et le manque de concentration. Il est à noter que deux ou trois jours après avoir arrêté de fumer, les effets secondaires atteignent leur apogée et peuvent durer des semaines.
Néanmoins, le traitement réussi combine, d’une manière optimale, les deux éléments de la thérapie pharmaceutique : il s’agit de la thérapie comportementale et la thérapie de conseils. Ces types de thérapie ont montré leur efficacité : donner des conseils pratiques, apporter une aide sociale comme partie du traitement et aider à garantir une aide sociale en dehors du traitement. Quant à la thérapie pharmaceutique, elle peut être utilisée par les patients concernés qui essaient d’arrêter de fumer. Elle se présente sous forme de pharmacothérapies ou d’aides psychologiques.

Par DNES à Tunis Rajaa Kantaoui, Le Matin 13/04/2009
http://www.lematin.ma/Actualite/Journal/Article.asp?idr=116&id=111386

La volonté n’aide pas pour l’arrêt tabagique et l’addiction tabagique n’est pas une maladie chronique ! Voir la définition de l’OMS. (Ndlr)


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